Stupor Mundi, Néjib

Résumé du livre (sur le site de l’éditeur, Gallimard)

Au début du XIIIe siècle, Hannibal Qassim El Battouti, un éminent savant arabe, débarque dans les Pouilles à Castel del Monte, refuge d’érudits en tout genre. Accompagné de sa fille Houdê, paralysée, et de El Ghoul, son serviteur masqué, il a dans ses bagages une invention extraordinaire: la photographie. Pour obtenir la protection de Frederic II et continuer ses recherches, il lui faudra retrouver une formule chimique disparue, […] et lutter contre les forces ennemies liguées contre lui. Une aventure médiévale digne du «Nom de la Rose».

 

Résumé du livre si je l’avais écrit (le résumé, pas le livre)

Dans un château du nord de l’Italie vit une étrange communauté de savants, rassemblés là sous la protection de l’Empereur Fréderic II, la « Stupeur du monde ». Ils sont rejoints par un savant arabe, tout autant mystérieux et étrange qu’eux, et qui semble détenir la clef d’une invention prodigieuse qui permettrait à l’Empereur de résoudre ses conflits avec le Pape. Une intrigue digne du Nom de la Rose avec un soupçon de géopolitique moderne.

 

Verdict

Pour être franche, je n’ai pas aimé le trait. Ce qui pour une bande-dessinée est un peu problématique. J’ai également sciemment retiré une ligne du résumé officiel afin de ne pas gâcher l’histoire à toute personne qui déciderait d’acheter ce livre après avoir lu cet article. Je n’ai pas eu cette chance (merci au chroniqueur de la Fabrique de l’Histoire qui a présenté le livre), et cela a un peu gâté mon plaisir.

Ceci étant posé, j’ai beaucoup aimé l’histoire. Même sans « spoiler » on comprend très vite quelle est l’invention sur laquelle compte El Battouti pour gagner les faveurs de l’Empereur et l’on retient son souffle jusqu’au bout en attendant de voir s’il va réussir. La découverte de l’histoire de sa fille, de l’origine de sa paralysie, et de l’identité de El Ghoul apporte une dose supplémentaire de suspens.

C’est une bande dessinée assez touffue au niveau des thèmes abordés, mais qui se lit rapidement. L’histoire est bien ficelée et on ne peut s’empêcher de penser au Nom de la Rose, mais un Nom de la Rose plus sombre et plus cynique. Ces savants ne sont pas des personnages sympathiques. Ils peuvent même être aussi cruels, égoïstes et arrogants que le commun des mortels. Quant à la « Stupeur du monde », il est peut-être encore plus cruel et arrogant que tous les autres.

Stupor Mundi est donc une très bonne bande dessinée historique, très différente de ce qui se fait dans le genre (où la mode semble être au dessin très travaillé et colorisé avec soin), une sorte de court essai mis en image sur le thème « science, morale et religion ».

 

Stupor Mundi, Gallimard, 26€

ISBN : 9782070668434

 

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