14 Juillet d’Eric Vuillard

Petit conseil en passant, si vous aimez la fiction historique, le premier vendredi de chaque mois, l’émission la Fabrique de l’histoire sur France culture est consacrée aux nouvelles parutions (livres, BD, films) en terme de fiction historique. C’est comme ça que j’ai lu:

Et donc ce week-end (plus exactement en à peine deux heures dimanche soir), j’ai lu (dévoré) 14 Juillet d’Eric Vuillard chez Actes Sud (existe aussi en version électronique, très pratique pour connaître la définition de certains mots tombés en désuétude. Vous saviez qu’un charron c’était quelqu’un qui fabriquait des charrettes? À replacer au scrabble).

 

Résumé sur le site de l’éditeur:

La prise de la Bastille est l’un des évènements les plus célèbres de tous les temps. On nous récite son histoire telle qu’elle fut écrite par les notables, depuis l’Hôtel de ville, du point de vue de ceux qui n’y étaient pas. 14 Juillet raconte l’histoire de ceux qui y étaient. Un livre ardent et épiphanique, où notre fête nationale retrouve sa grandeur tumultueuse.

 

Résumé si on m’avait demandé de l’écrire

Le 14 juillet 1789 comme si vous y étiez. Un récit presque heure par heure (ou même minute par minute) de la prise de la Bastille par le peuple de Paris. Toute la litanie des oubliés de l’histoire, ces petits commerçant, ces artisans, ces chômeurs de la place de Grève qui en ce jour caniculaire de l’été 1789 ont fait tomber le symbole du pouvoir royal.

 

Verdict

J’ai un vague souvenir d’un texte de Michelet étudié pour mon bac de français (je pense qu’on devait avoir un thème « peuple » parce qu’on a aussi fait un extrait du Cri du peuple de Vallès) qui narrait un épisode de la Révolution française, les femmes qui donnaient leurs bijoux pour que l’or serve à acheter des armes pour les soldats de la République. Ma prof avait eu ce mot « Michelet ce n’est pas de l’histoire, mais c’est un merveilleux romancier ». Personnellement, le style Michelet ne m’avait pas enthousiasmée plus que ça. Mais c’est à ce texte du bac de français que ce livre m’a fait penser.

Vuillard a fait un travail de recherche documentaire énorme pour ce livre, pour avoir des noms à donner à certains de ces hommes (et femmes) qui ont fait la Bastille, mais il reste surtout un romancier qui conduit son récit sur un rythme haletant. Je n’ai posé le livre que parce que mon train entrait en gare et qu’il fallait bien quitter ma place. Je l’ai repris dès que possible une fois rentrée chez moi.

14 juillet c’est un tableau de Bruegel mis en scène par un cinéaste avec un sens du détail hors du commun. Je n’ai jamais rien lu de pareil. Renvoyant Michelet à ses placards d’écrivain nationaliste glorificateur de la République (rien de mal à cela, Michelet est de son époque je suppose), Vuillard montre que l’Histoire n’a pas de besoin de Chevalier Bayard ou de Jeanne d’Arc pour être passionnante.

Pour voir la prise de la Bastille et la Révolution différemment, prenez 2h30 de votre temps (allez, 3h si vous lisez lentement) et lisez ce 14 Juillet d’Eric Vuillard, c’est une petite merveille.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s