Expo Willy Ronis au Pavillon Carré de Baudouin (20ème)

J’avais vu passer cette expo sur le compte Instagram de Fisheye (je crois. Ou de la fondation HCB, peut-être) et n’ayant aucun plan particulier ce samedi, j’ai étrenné mes baskets neuves du côté de Ménilmuche. Entre parenthèse, j’ai compris pourquoi (feu) mon grand-père parlait toujours de descendre Ménilmuche à vélo et jamais de monter. C’est bien casse-pattes à pied, j’ose pas imaginer à vélo.

Bref.

Willy Ronis.

Comme son nom l’indique, Willy Ronis est un photographe purement parisien né en 1910. Je l’avais (re)découvert en 2016 lors de la très belle expo « Le front populaire des photographes » à la mairie de Paris.

Je dis (re)découvert parce que comme tout le monde (ou presque) je connaissais sa photo dite du « Petit parisien » courant avec sa baguette sous le bras, tout aussi célèbre que celle d’HCB du gamin portant fièrement deux bouteilles de vin (et je crois que Doisneau a une photo similaire d’un de ces gamins de Paris portant un pain presque trop grand pour lui), mais c’était tout.

La rétrospective qui lui est consacrée à Ménilmontant s’ouvre fort logiquement sur ses photos du quartier et de Belleville. Des photos réalisées après guerre (1947, 1955) qui montre la pauvreté du milieu ouvrier parisien mais qui ne sont aucunement misérabiliste. Comme tous les grands photographes de cette génération (HCB, Chim et dans une moindre mesure Capa – moindre mesure car une grande partie de ses œuvres sont faites sur les champs de bataille), il y a une grande humanité et une véritable empathie dans le regard de Willy Ronis. L’affection indéniable du photographe pour ses sujets transparaît dans toutes les photos.

L’expo (gratuite) aurait pu s’arrêter là et elle aurait déjà valu le détour. Mais la salle Belleville/Ménilmontant n’est qu’un amuse bouche et il reste encore 4 grandes salles d’expo retraçant la carrière de Willy Ronis: le front populaire et les grèves, les photos de tourisme pour les affiches SNCF, et des dizaines de photos du quotidien, celui de sa famille (son fils endormi, le fameux nu provençal) et celui des gens rencontrés lors de ses voyages et reportages.

Une mention particulière aux autoportraits, et surtout le dernier réalisé en parachute, où on voit un Willy Ronis de plus de 70ans avec le sourire d’un gosse.

La petite dizaine de nus exposée est aussi très intéressante par leur composition.

Et bien sûr, que du noir et blanc.

Seul bémol pour moi, les tirages sont des tirages modernes sur imprimante, et non pas du gelatino-argentique. La contrepartie c’est que la plupart sont disponible en impression sur demande et que je pense m’offrir le nu au polo rayé!

Donc voilà: c’est gratuit, c’est super et c’est jusqu’à fin septembre.

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