Samarcande, Amin Maalouf

Un livre recommandé par le « camarade » Herodot’com dans une de ses herodothèques (ici. D’ailleurs si vous ne connaissez pas Herodot’com et que vous aimez l’histoire, je vous conseille d’aller faire un tour sur sa chaîne YouTube, les vidéos sont très bien faites et très intéressantes). Autant dire que je partais avec un a priori tout ce qu’il y avait de plus positif sur ce livre, d’autant plus que j’avais beaucoup aimé Les Croisades vues par les Arabes du même auteur. Mais voilà, les a priori positifs ne sont parfois pas suffisants.

 

De quoi parle le livre ?

Selon une librairie en ligne bien connue (et pas vraiment pour son comportement éthique) : Samarcande, c’est la Perse d’Omar Khayyam, poète du vin, libre-penseur, astronome de génie, mais aussi celle de Hassan Sabbah, fondateur de l’ordre des Assassins, la secte la plus redoutable de l’Histoire. Samarcande, c’est l’Orient du XIXe siècle et du début du XXe, le voyage dans un univers où les rêves de liberté ont toujours su défier les fanatismes. Samarcande, c’est l’aventure d’un manuscrit qui, né au XIe siècle, égaré lors des invasions mongoles, est retrouvé des siècles plus tard. Amin Maalouf, l’auteur de Léon l’Africain, nous conduit sur la route de la soie à travers les plus envoûtantes cités d’Asie et nous ravit par son extraordinaire talent de conteur.

Selon votre humble servante : Samarcande, c’est l’histoire d’un livre de poèmes écrits au XIème siècle, volé et perdu, et des passions soulevées par ce livre, qui s’entremêlent aux passions politiques du XIème au XXème siècle.

 

Pourquoi lire ce livre ?

C’est un peu difficile à dire, parce que pour le coup, ce n’est pas un livre que j’ai vraiment envie de recommander, ou en tout cas pas de recommander chaleureusement.

Dans les aspects positifs, la première partie de l’histoire permet de découvrir Oma Khayyam et son œuvre, et la seconde la révolution constitutionnelle iranienne. Après, chacune de ces parties m’a laissé sur ma faim. On apprend trop peu sur Khayyam à mon goût, sur ses relations avec Hassan Sabbah (l’intérêt de ce dernier pour le manuscrit de Samarcande n’est à mon sens ni très évident ni très logique) et avec Nizam al-Mulk, et encore moins sur l’ismaélisme au XIème siècle. Quant à la seconde partie, si elle est très intéressante pour donner vie à une partie assez méconnue de l’histoire iranienne, j’ai eu le sentiment que son rattachement à la première partie du livre était factice, que le manuscrit n’était qu’un prétexte pour (très bien) raconter la révolution. Bien entendu, la seconde partie se veut un écho à la première, 800 ans après, pour montrer que fanatisme, idéalisme et réalisme politique sont des constantes de la vie humaine. Quant à l’artifice final pour expliquer la disparition définitive du manuscrit, « décevant » est le moins qu’on puisse dire.

Malgré tout, je ne dirai pas « ne lisez pas ce livre ». Lisez-le, c’est un classique, et peut-être qu’il vous parlera plus qu’à moi.

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Livres de l’été/Summer reading – Midnight in Peking by Paul French

Another Paul French novel. This one was actually his first commercial success but I only read it after City of devils. And I loved it almost as much!

 

What is this about?

As described on an online-shopping site: Chronicling an incredible unsolved murder, Midnight in Peking captures the aftermath of the brutal killing of a British schoolgirl in January 1937. The mutilated body of Pamela Werner was found at the base of the Fox Tower, which, according to local superstition, is home to the maliciously seductive fox spirits. As British detective Dennis and Chinese detective Han investigate, the mystery only deepens and, in a city on the verge of invasion, rumour and superstition run rampant. Based on seven years of research by historian and China expert Paul French, this true-crime thriller presents readers with a rare and unique portrait of the last days of colonial Peking.

As described by yours truly: on a cold morning in January 1937, the mutilated body of a young woman is found near Peking’s legation quarter. She is the daughter of a former British consul and her death shocked Peking’s international community. But the investigation, run by a Chinese and a British detectives soon collapsed and led to no conviction. Collusion? Corruption? Or simply a murder too difficult to resolve? As the city collapses under Japanese invasion, Pamela Werner’s death is forgotten and her killers unpunished.

 

Why should you read the book?

As in City of devils, the book is brilliantly researched and gives a very good picture of life for the Europeans in the last days of “free” Peking, before the Japanese invasion. It is also a very tragic story, that of a brutal unsolved murder that brings to light the less savoury parts of international Peking: its “Badlands”, nearly as bad as Shanghai’s.

Despite its brilliant style, the book would have been frustrating if it was only a retailing – with some novelistic extrapolation – of the official enquiry. However, French had access to the other material (I’m trying hard not to spoil here) which enabled him to put together a plausible narrative of Pamela’s murder. By the time you’ve finished the book, you will be horrified by the murder, saddened by the lack of official punishment, but at least you will have a conviction as to who has done it.

It is a hard to put down book, which I really recommend if you like history and crime stories.

Livres de l’été/Summer reading – La nuit des Béguines d’Aline Kiner

Alors ce livre-là, lui aussi acheté à la boutique du musée de Cluny (oui, je suis coupable d’achats compulsifs dans les boutiques de musées), avait été mentionné lors d’une table ronde fiction de l’excellente émission « La Fabrique de l’Histoire » sur France Inter, et le titre m’était resté en tête.

 

De quoi cela parle-t-il ?

La version d’un site d’achat en ligne : Paris, au Moyen Âge, un bâtiment singulier borde la rue de l’Ave Maria, dans le Marais : le grand béguinage royal, fondé par saint Louis. Dans ses murs, vit une communauté de femmes hors normes. Veuves ou célibataires, nobles ou ouvrières, elles peuvent étudier, travailler, circuler librement dans la cité. Mais en 1310, la sérénité du béguinage est troublée par l’exécution en place de Grève de Marguerite Porete, une béguine de Valenciennes brûlée vive pour avoir écrit un livre qui compromet l’ordre établi… C’est là que commence le roman, alors que le royaume de Philippe le Bel amorce son déclin et que les persécutions contre les Templiers se multiplient. Ysabel, responsable de l’hôpital, vit là depuis vingt ans lorsque la jeune et rousse Maheut s’y réfugie. Celle-ci fuit des noces imposées par son frère, et la traque d’un inquiétant moine franciscain. Son arrivée est mal accueillie par la majorité des femmes du clos : les cheveux roux ne sont-ils pas l’oeuvre du Diable ? Dame Ade, qui aspire à se tenir en retrait du monde depuis la mort de son mari, regarde elle aussi avec méfiance la nouvelle venue. Ysabel est obligée de cacher sa protégée ailleurs dans la cité… Ce n’est que le début d’un saisissant suspense qui nous emmène dans une époque charnière d’une étonnante actualité.

Ma version : Paris, fin du règne de Philippe le Bel. Une jeune fille battue et mal nourrie est recueillie dans le grand béguinage royal. Son arrivée, et les conséquences de son accueil vont bouleverser la vie de ces Béguines, à un moment où leur existence est remise en question par les ordres religieux masculins, le Pape et même le roi.

 

Pourquoi lire ce livre ?

Parce que l’on apprend des choses peu connues sur Paris au Moyen-Âge. Je connaissais les béguines, pour avoir vécu en Belgique où il reste encore de nombreux bâtiments des anciens béguinages (notamment à Bruges) ou de quartiers portant le nom de béguinage (Bruxelles). J’ignorais par contre totalement qu’il y avait eu un béguinage à Paris, et encore moins qu’il avait bénéficié du patronage de Saint Louis. La complexité du monde des béguines, leurs relations avec l’extérieur, leur statut particulier, sont des sujets très bien mis en lumière par le roman. Le fond historique – persécution des Templiers, exécution de Marguerite Porete, le Miroir des Âmes Simples – sont également bien présentés et m’ont donné envie (en ce qui concerne Porete, parce que les Templiers j’ai récemment lu un livre assez intéressant sur le sujet – The tragedy of the Templarsde Michael Haag, une bonne critique est disponible icien anglais ou encore – et connaissait déjà l’histoire de leur procès) d’en apprendre plus sur le sujet.

Petit bémol, j’ai trouvé la fin assez moyenne, presque bâclée. J’aurais aimé quelque chose de plus étoffé sur le devenir des personnages. Cela reste cependant un bon roman sur le Moyen-Âge, agréable à lire et que l’on termine en ayant le sentiment d’avoir appris quelque chose (toujours un plus).

Livres de l’été/Summer reading – Histoire des peurs alimentaires. Du Moyen-Age à l’aube du XXème siècle, Madeleine Ferrieres

Alors oui, je sais, de prime abord ce n’est pas le livre que l’on achète pour les vacances. Mais c’est dommage parce que ce bouquin, acheté un peu au hasard dans la boutique du musée du Moyen-Age (qui a rouvert partiellement après travaux, allez-y, le nouveau bâtiment est super, le trésor bien mieux exposé et l’expo Licorne est très sympa), a été un de mes coups de cœur de l’été (dans un style très différent des Paul French).

 

De quoi cela parle-t-il ?

La version d’un site d’achat en ligne :Au-delà de la peur de manquer, il y a la crainte de manger du corrompu et du malsain. En même temps qu’il a cherché à réduire la pénurie, l’Occident a ainsi progressivement mis sous surveillance l’ensemble de la chaîne alimentaire. Notre comportement alimentaire a une longue histoire que Madeleine Ferrières s’attache ici à reconstituer. Des règlements médiévaux de boucherie à l’abattage systématique des animaux au temps de Louis XIV, de la peur des poisons à la suspicion à l’endroit des nourritures nouvelles, comme la pomme de terre, l’Occident invente un ordre alimentaire illustré de manière éloquente, au début du XXe siècle, par le Pure Food and Drug Act américain. Mais cette invention n’est pas allée sans une autre : celle du consommateur. Rassasié, prudent, voire savant ou se croyant tel, il appartient à l’utopie de l’abondance et de la sécurité. L’histoire des peurs alimentaires n’est ainsi rien d’autre que l’histoire de l’Occidental way of life.

Ma version : Contrairement à ce que nous pouvons penser, nous autres si fiers de notre modernité, la préoccupation des citoyens avec la qualité de leur alimentation ne date pas d’hier. Des réglementations concernant la viande (date limite de vente, éclairage des étals), les produits laitiers (interdit de jaunir le beurre pour le rendre plus attirant), le pain (levain ou levure de bière ?), du Moyen-Âge au 19ème, les pouvoirs publics n’ont cessé de légiférer pour assurer un standard minimum de qualité alimentaire. Pensez-y la prochaine fois que vous entendrez quelqu’un se plaindre des règlements de « Bruxelles » sur les appellations d’origine !

 

Pourquoi lire ce livre ?

Parce qu’il est tout simplement fascinant. Les premiers chapitres sont essentiellement consacrés à la viande au Moyen-Âge et à la Renaissance et on ne peut qu’être surpris de la quantité de règles édictées pour assurer aux habitants des villes une viande saine. Ce livre bat en brèche un bon nombre d’idées reçues sur la sécurité alimentaire et livre quelques pépites : j’ai ainsi appris que le Parlement de Paris avait au 17èmeinterdit de fumer dans les lieux publics parce qu’il jugeait cela nocif pour la santé des non-fumeurs ; au 17èmeet 18èmesiècle, une controverse du pain faisait rage opposant les tenants d’un pain traditionnel au levain (plus nourrissant) à ceux du pain blanc à la levure. Plus ça change…

L’ouvrage propose aussi une réflexion intéressante sur l’attitude des campagnes pauvres par rapport à la sécurité alimentaire. Ainsi la nocivité de l’ergot de seigle est connue, mais en période de disette il n’est pas possible de jeter les épis contaminés, alors les populations acceptent le risque d’ergotisme. De même, l’évolution du rapport à la pomme de terre, nourriture exotique, nourriture de temps de guerre, nourriture pour les cochons etc. montre bien la complexité du rapport des populations aux aliments.

Le style est clair même s’il s’agit d’un ouvrage très technique et très touffu. Ce n’est pas une lecture facile, néanmoins on apprend tellement de choses en lisant ce livre (les connaissances de ma famille en matière de sécurité alimentaire se sont grandement élargies cet été puisque je partageais chaque découverte avec eux) qu’on prend plaisir à s’accrocher et à le lire en entier.

Livres de l’été/Summer reading – Out of Africa by Karen Blixen

I decided to read Out of Africa not because I had seen the film (I still haven’t seen it) and been swayed by this wonderful and tragic love story taking place against the backdrop of amazing landscapes (or so my mother told me when I was complaining about this book), but because of a throwaway remark in Martha Gellhorn’s Travel with Myself and Another: Five Journeys from Hell. Because the book had been turned into a movie that was supposed to be very good I thought it would be a nice read. Well, no, it really wasn’t.

 

What is this about?

As described on an online-shopping site: From the moment Karen Blixen arrived in Kenya in 1914 to manage a coffee plantation, her heart belonged to Africa. Drawn to the intense colours and ravishing landscapes, Karen Blixen spent her happiest years on the farm and her experiences and friendships with the people around her are vividly recalled in these memoirs. Out of Africa is the story of a remarkable and unconventional woman and of a way of life that has vanished for ever.

As described by yours truly: Karen Blixen owns a coffee plantation in Kenya. It’s not a very successful plantation, and she will have to sell it by the end of the book. In this book she recalls events from the life on the farm, such as a shooting incident involving local people, visits by a local king, safaris, people she knew and her departure from Africa.

 

Why should you read the book?

Actually, I think you shouldn’t. I’m not saying I disliked it as much as Anna Karenina because at least Blixen is not unpleasant, but boy it’s boring.

The main drawback of the book, in my opinion, is that it is completely disjointed. There’s no linear narrative. You could have made 5 short stories out of each part. Or a better writer could have made something like Joyce’s Dubliners out of it, a series of stories whose only link is the place where they are set. But instead you get one fairly big book, with no passion, no sense of direction.

I did enjoy the story of the shooting incident for what it can tell of the Kikuyu people’s legal system (once you set aside the patronising tone, to be expected of a European woman of the time), but otherwise I found the book hard to read and couldn’t wait for her to sell her farm and go back to Europe.

As for the love story of the movie, well it’s not there. The character played by R Redford is there, but while Blixen’s love and admiration for him is obvious in the book (only in the latter parts, you have to go through the first 3 parts before you realise he was important in her life), it is not obvious that they are lovers, even though they apparently were (according to her biography on Wikipedia at least).

In a nutshell, a good writer might have made something of the material. I don’t think Blixen was a good writer, so for me all these stories were wasted on this book.

Revue de presse européenne de la semaine / This week in European politics (05/09-09/09)

It’s back to school after the long summer break…

Not a lot of things happened in the EU bubble this past week. « Brexit » apparently means « Brexit » but what it does actually mean is anyone’s guess.

The Commission reminded the USA that competition law had been part of its exclusive powers since the beginning of the then EEC and that yes sometimes US firm could fall foul of EU law.

So here’s a (very) short round-up of articles. And there’s not even a youtube video to be seen.

Quatremer et la décision Apple de la Commission (article du 02/09)

http://bruxelles.blogs.liberation.fr/2016/09/02/apple-le-chemin-de-damas-de-juncker/

 

From « Brussels2Berlin« A good analysis of the rise of the AfD in Germany. No, it’s not the end of Merkel, but yes it’s worrying.

http://www.brussels2berlin.com/2016/09/merkels-far-right-home-state.html?spref=tw

And this nice and interesting blog also has a good take on the Apple decision too :

http://www.brussels2berlin.com/2016/08/the-rank-hypocrisy-of-obamas-appletax.html#more

 

 

Et pour finir, un peu d’humour (presque belge): Bruxelles sur le divan vue par Les Grecques:

http://lesgrecques.blogspot.be/2016/09/bruxelles-sur-le-divan.html#!/2016/09/bruxelles-sur-le-divan.html

 

Hopefully next week we’ll have a multi-lingual speech from the EC president. Yes, it’s State of the European Union Address time again (on 14/09). I advise using a bullshitbingo card for this, such as the one helpfully provided by Jon Worth:

https://jonworth.eu/soteu-is-back-on-14th-september-so-print-out-those-bullshit-bingo-cards/

 

This week in European politics / Revue de presse européenne (16/07-20/07)

It’s a short one this week since I’m on a long weekend break. Also because while a lot happened (e.g. failed coup in Turkey, the aftermath of the Nice attack), I haven’t seen anything really good written about these events (with the exception of the second link on this week’s post).

So here we go, a very short selection:

A scathing appraisal of Boris Johnson’s appointment at the Foreign Office by the Economist’ Bagehot columnist. Something about putting a baboon in the driving seat of a Rolls Royce:

http://www.economist.com/blogs/bagehot/2016/07/may-delusion

 

Parfois la presse régionale est bien au-dessus de la presse nationale. Sans parler des hommes politiques. Un très bon article de Ouest France sur la médiocrité de la classe politique française après l’attentat de Nice:

http://www.ouest-france.fr/societe/faits-divers/attentat-nice/attentat-nice-un-grand-moment-de-mediocrite-politique-4371304?utm_medium=Social&utm_campaign=Echobox&utm_source=Twitter&utm_term=Autofeed#link_time=1468679981

Revue de presse de la semaine / This week in European politics (09/07-15/07)

An interview that is slightly old (first published last Friday) but that has been doing the rounds ever since. From the Spiegel, this is a joint interview of Juncker and Schulz. At times candid, at times very political. I’m not sure it will do much to disperse the notion that both are somehow ruling the EU behind closed doors (although in fairness, the relation between the head of the executive and the head of the legislative is very rarely one of complete opposition) but it is an interesting read nonetheless (in English)

http://www.spiegel.de/international/europe/interview-with-jean-claude-juncker-and-martin-schulz-a-1102110.html

 

I’m not that fond of Politico EU. I find that more often than not they go for lazy tabloid style articles. It’s alright for a newspaper to go down that road. Except when you want to establish yourself as the n°1 newspaper on EU affairs (so in a nutshell, I miss The Economist‘s professional type of reporting that underlined European Voice. Often dry but always well researched). But sometimes Politico has good articles. From guests writers most of the time. Here’s one looking at Little England’s view of the EU:

http://www.politico.eu/article/europeans-dig-the-eu-english-are-the-exception-brexit-euroskeptics-eurozone-european-union/

 

Another excellent « Long read » from the Guardian, on post-facts (or even post-truth) politics in the age of social media. And it’s not a cheerful read:

https://www.theguardian.com/media/2016/jul/12/how-technology-disrupted-the-truth?CMP=share_btn_tw

 

Jürgen Habermas on Europe post-Brexit. The interview is a bit long-winded (well, it’s Habermas) but interesting nonetheless (well, it’s Habermas). I’m still not sure I know exactly what he thinks or what he wants though:

https://www.socialeurope.eu/2016/07/core-europe-to-the-rescue/

 

Frans Timmermans is slowly becoming my new hero. This Facebook text on « understanding the British » is actually quite beautiful and very touching. His disappointment in seeing what Britain has become is quite palpable.

https://m.facebook.com/notes/frans-timmermans/when-in-rome-learning-to-understand-the-english/1132734193416105

 

Et pour finir le cas Barroso. Oui, cela est (probablement pour ce que l’on en sait pour le moment) parfaitement légal. Mais ça fait tout de même désordre. Jean Quatremer virulent comme jamais en vidéo et plus modéré mais toujours aussi mordant à l’écrit:

La vidéo: http://ec.europa.eu/avservices/video/player.cfm?ref=I124429&videolang=INT&devurl=http://ec.europa.eu/avservices/video/player/config.cfm

L’article sur Libération

http://www.liberation.fr/planete/2016/07/11/barroso-pris-la-main-dans-le-sachs_1465612

The Battle for Spain, Anthony Beevor

Summary (from a well known online reseller)

To mark the 70th anniversary of the Spanish Civil War’s outbreak, Antony Beevor has written a completely updated and revised account of one of the most bitter and hard-fought wars of the twentieth century. With new material gleaned from the Russian archives and numerous other sources, this brisk and accessible book (Spain’s #1 bestseller for twelve weeks), provides a balanced and penetrating perspective, explaining the tensions that led to this terrible overture to World War II and affording new insights into the war-its causes, course, and consequences.

 

Summary if I had written it

A thorough study of the Spanish Civil War, destroying any pre-conceived romantic ideas you may have held on the topic.

 

Review

The Spanish Civil War is the poor cousin of our history classes. Stuck between the Great Depression and World War II, it is usually summarized in a few words, along the lines of « fascist uprising against a left-wing government; training ground for German and Italian weapons » and illustrated with either Picasso’s Guernica or Capa’s Fallen soldier.

I had of course heard of the International Brigades, but saw them as thousands of « gallant young democrats » joining an international crusade against fascism. I was vaguely aware of the presence of an anarchist movement but had no idea of its strength. And finally, I only became aware of the extent of communist control over the loyalist/Republican troops when reading Capa’s biography and his misgivings about it.

Beevor’s account is very detailed, a bit too much for my taste when it comes to battles description, and all aspects of the war are covered.

Quite a few of my illusions were shattered in the process:

  • international brigades men were not allowed to leave Spain,
  • anarchists were probably the most democratic of all the loyalist parties,
  • Republican forces did not lose just because the insurgents were helped by Germany but also because their commanding officers were useless,
  • the number of deaths is on a scale I had not even imagined.

The book is also very useful to understand current affairs, in particular Catalan and Basque nationalism. Without knowing what these regions suffered, it is hard to understand why they are so vocal about their particularism.

The (in)action of foreign countries is well-explained. The short-sightedness of Britain, also well-known, remains baffling. And although it is only the subject of a few paragraphs, the behavior of France towards the Republican prisoners is sickening. It is a strange feeling to discover that the little village where I spent my first summer holidays held a prisoner camps in 1939. Of course, this treatment of war refugees also has strange echoes nowadays. Looks like French welcome culture is as strong now as it was then.

Although frankly indigent at times, it is a very interesting study and I would recommend it to anyone with a fondness for military history. But maybe, Orwell’s Hommage to Catalonia would have been an easier read.

Robert Capa, by Richard Whelan

Yes, I know, not the most original book for me…

 

Summary as written on the book

The legendary war photographer Robert Capa carried into his personal life the same remarkable vitality that characterizes his pictures. Driven from his native Hungary by political oppression, he was first recognized for photographing the Spanish Civil War. In 1938 he was in China recording the Japanese invasion. During World War II he was in London, North Africa, and Italy, and then in France covering D-Day on Omaha Beach, the liberation of Paris, and the Battle of the Bulge. When the new nation of Israel was founded in 1948 he was there. In 1954 he was in Vietnam, taking photographs until the moment he was killed.

Away from battle, Capa gather about him such famous people as Ernest Hemingway and his wife (the war correspondent Martha Gellhorn), Gary Cooper, Irwin Shaw, and Gene Kelly. Whelan shows Capa photographing the street life of Paris, crisscrossing America on assignment from Life, in Russia with John Steinbeck, in Italy with John Huston, on the Riviera with Picasso, and with Ingrid Bergman.

 

Summary if I had written it

A thorough account of the life and art of Robert Capa, from his childhood and early political engagement in Budapest, to his early years in Paris, his meeting with Gerda Taro and finally to him becoming « the greatest war photographer in the world ».

The life of a talented man who from the moment he lost his great love at the age of 23 realised that his life as a war photograph would only bring him loneliness and constant wanderings.

 

Review

Capa’s life has all the ingredients of a Hollywood story: the poor Jewish emigrant stealing food in Paris cafés in the 1930s who becomes the « greatest war photographer in the world », creates the first independent agency run by photographers for photographers (Magnum), hangs around famous people like Hemingway and dates Ingrid Bergman. Whelan also drew heavily from testimonies from Capa’s brother (Cornell) for this very well research biography. In short, it had all the ingredients to be a eulogy and not a proper biography.

However, Whelan is good enough to avoid this pitfall. His portrait of Capa is positive, mainly because Capa was a loveable man, but he does not hide the failings and contradictions of the man. Whelan is also ruthless in exposing the lies or the embellishments behind Slightly out of focus.

Whelan’s treatment of the Capa-Taro affair is very touching. There is not too much sentimentality, but he is very clear on the impact she had on him and on his career and rather dramatically, the impact her death had on Capa’s life. The feeling I got was that it was Taro’s death that made him realise that life as a war photographer was dangerous and that if he let anyone too close to him (i.e. as close as he had been to Taro) he could one day cause them terrible pain. Taro’s death made Capa a lonely wanderer who put on a brave and smiling face on for the entire world to see.

The story behind the creation of Magnum and how far the idea came back (1938 more or less) was also fascinating. With Capa as its head it’s a miracle Magnum survived its first years.

The book has, in my view, two downsides:

  • the fact that Whelan (who died in 2007) didn’t have the time to update it following the (re) discovery of the Mexican suitcase*
  • it lacks pictures. Descriptions of famous or powerful pictures are very well written but sometimes they’re not enough. Many times I found myself reaching for my ‘definitive Capa’ (ed Phaidon) to see exactly which photo was being discussed. Which is fine if you’re reading on your sofa. Not so if you’re on the train as it’s not possible to carry the Phaidon book along (its weights a ton)

But these two downsides aside, it’s a really good book and I understand why it’s considered as the definitive Capa biography (somehow I don’t feel like reading Kershaw’s Blood and champagne. I find the title too bling, too sensational. I may be doing it a disservice.).

 

 

ISBN 978-0803297609

*Originally published in 1985, some 20 years before the discovery of the Mexican suitcase.